Claude Bernard

Claude Bernard, dont l’Université commémore en 2013 le bicentenaire de la naissance à Saint-Julien en Beaujolais, eut des débuts assez laborieux avant d’enchaîner des découvertes fondamentales pour la recherche scientifique. Après sa jeunesse dans le Beaujolais et son apprentissage dans une pharmacie de Vaise, durant lequel il écrit des pièces de théâtre, il quitte Lyon pour Paris afin de se consacrer à l’art dramatique. Découragé par un critique qui lui conseille de faire plutôt de la médecine, Claude Bernard entreprend des études médicales et son talent pour la dissection le fait remarquer par François Magendie, professeur de médecine au Collège de France, qui le choisit comme préparateur et auquel il succède quelques années plus tard. Au cours de ses recherches sur la digestion, il découvre le rôle (jusqu’alors inconnu) du fluide pancréatique dans la digestion des graisses, puis la production de sucre dans le foie et sa libération dans le sang, ce qui l’amène à établir peu à peu les concepts novateurs de sécrétion interne et de milieu intérieur relativement constant. Il multipliera par la suite les investigations sur la fonction glycogénique du foie, l’action des différents nerfs, les agents pharmacologiques (notamment le curare) qui deviennent entre ses mains des « scalpels chimiques ».

Pour Claude Bernard, expérimentateur de génie, pratiquer des expériences n’est pas suffisant, il dégage les règles qu’il faut respecter pour faire de la physiologie une discipline rigoureuse, malgré les difficultés des phénomènes de la vie. Il insiste dans ses Leçons sur les principes  méthodologiques et les développe en publiant en 1865 l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale.

Bien que sa carrière soit parisienne, il reçoit durant ses nombreux séjours dans le Beaujolais ses amis et collègues lyonnais, parmi lesquels il compte plusieurs disciples et admirateurs, comme Ernest Faivre et Louis Lortet à la Faculté des sciences ainsi qu’Auguste Chauveau à l’Ecole vétérinaire. Il participe activement à l’installation de la Faculté de médecine de Lyon ; il meurt le 10 février 1878, quelques mois seulement après l’inauguration du nouvel établissement le 21 novembre 1877. Plusieurs de ses proches collaborateurs parmi lesquels Joseph Renaut, Pierre Picard, Jean-Pierre Morat occupent les chaires du nouvel établissement, alors que Saturnin Arloing puis Raphaël Dubois inaugurent l’enseignement de la physiologie générale à la Faculté des sciences, et c’est logiquement sous son patronage que s’est placée, en 1970, l’université qui regroupe les disciplines scientifiques et médicales.

Claude Bernard, Musée de la médecine (Photo Michel Cuny)

Claude Bernard, Musée de la médecine (Photo Michel Cuny)

Bibliographie

Bange, Christian. Elèves et disciples de Claude Bernard à Lyon : la physiologie lyonnaise à la fin du XIXe siècle, Mémoires de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, 2010 [2011], 4e série, 10 : 34-47.

A lire sur le blog Interfaces/Livres anciens de l’université de Lyon

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