Claude Bernard, le sang et les poisons

Renan, Ernest, Bert, Paul. L’œuvre de Claude Bernard. Paris : J.-B. Baillière et fils, 1881. Cote 38609

Renan, Ernest, Bert, Paul. L’œuvre de Claude Bernard. Paris : J.-B. Baillière et fils, 1881. Cote 38609

Dans les Leçons sur les anesthésiques, Claude Bernard se propose de rechercher les « lois » rattachant les « faits physiologiques » aux « faits cliniques », afin de « tracer les premiers linéaments de la médecine expérimentale ». La recherche du lien est d’autant plus légitime qu’il n’existe pas « de séparation réelle entre les phénomènes physiologiques et les phénomènes pathologiques : ces derniers n’étant que des modifications ou des altérations des premiers ». Grâce à deux grands thèmes récurrents dans son œuvre, le « milieu intérieur » et le mode d’action des toxiques, Claude Bernard va pouvoir démontrer l’existence d’une proximité – dont il est convaincu par avance – entre l’organisme sain et le corps malade.

Le « milieu intérieur » est constitué du plasma sanguin, étendu à la lymphe, au chyle et à tous les liquides interstitiels. Adoptant une frappante vision en abyme, Claude Bernard constate que le plasma héberge des « organismes en miniature » : les globules rouges. « Ce sont des éléments organiques vivants, se reproduisant sans cesse et mourant au sein même du plasma dans lequel ils existent ; en vertu de leur constitution chimique, ils renferment une matière dont le rôle est de dissoudre, de fixer l’oxygène de l’air pour le transporter ensuite avec eux dans le torrent de la circulation ». Véritables vivants dans le vivant, les globules rouges pourront fixer des toxiques au même titre que les nerfs ou les muscles […]

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