Nestor Louis François Gréhant, disciple de Claude Bernard

Claude Bernard dans son laboratoire faisant ses expériences de vivisection. Léon Lhermitte (1889).

Claude Bernard dans son laboratoire faisant ses expériences de vivisection. Léon Lhermitte (1889).

À l’extrême gauche du tableau de Lhermitte « La leçon de Claude Bernard », un jeune homme aux longs cheveux bouclés se tient debout. Il est simplement vêtu : écharpe écossaise, manteau « trois-quarts », pantalon à rayures. Peut-être vient-il seulement d’arriver. Un porte-documents à la main, il fait face à Paul Bert, qui le regarde les bras croisés. Le personnage à l’écharpe est un fidèle élève de Claude Bernard : Nestor Gréhant.

Nestor Louis François Gréhant nait le 2 avril 1838, à Laon dans l’Aisne. Ce fils d’un conducteur des ponts et chaussées se révèle être un brillant élève : bachelier ès sciences en 1855, il remporte le deuxième prix d’histoire naturelle au concours général de 1856.  Ensuite, Gréhant gagne sa vie comme préparateur de sciences physiques au lycée Napoléon (1856-1866), tout en poursuivant ses études. Il est successivement licencié ès sciences physiques (1858), docteur en médecine (1864) et licencié ès sciences naturelles (1868). Préparateur à la Sorbonne et au Collège de France (1865-1868) chez Claude Bernard, Gréhant est nommé en 1868 aide-naturaliste de « Physiologie générale » au Muséum national d’Histoire naturelle. En effet, la chaire occupée par son maître au Collège se trouve transférée au Muséum. Gréhant accompagne donc Claude Bernard dans le second établissement. Il occupe parallèlement un poste de chef de travaux à l’École pratique des hautes études. Après avoir soutenu son doctorat ès sciences (1870), Gréhant a l’opportunité de remplacer quelques temps Paul Bert à la

Sorbonne. Il devient finalement professeur de « Physiologie générale » au Muséum (1893) et directeur du laboratoire de Physiologie de l’École pratique des hautes études (1894). Élu en 1905 à l’Académie de médecine, Gréhant meurt le 26 mars 1910 à Paris, victime d’une longue maladie. Il sera inhumé à Aubenton dans l’Aisne.

Physiologiste, Gréhant conduit des recherches sur la respiration, le sang et la formation de l’urée. Toxicologue, il étudie les effets du monoxyde de carbone et de l’éthanol sur l’organisme. S’intéressant au risque lié à l’inhalation des gaz dans les puits de mines, il invente un appareil de mesure du grisou. Gréhant attache aussi son nom à l’anesthésiologie et à l’hygiène. Parmi ses ouvrages figurent : Les poisons de l’air, Paris : Baillère et fils, 1890, Les gaz du sang, Paris : Masson, 1894 et La santé par l’hygiène, Paris : Delagrave, 1907.

Philippe Jaussaud, EA 4148 « Sciences et Société : Historicité, Éducation, Pratiques (S2HEP), Université Claude Bernard Lyon 1.

Bibliographie sommaire :

Dieulafoy (Georges), “Décès de M. N. Gréhant”, Bulletin de l’Académie nationale de Médecine, 3e série, vol. 63, n°13, 1910, pp. 335-336.

Fontaine (Maurice), “La Chaire de Physiologie générale du Muséum national d’histoire naturelle. Leçon inaugurale faite au Muséum le 8 mai 1944”, Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, 2e série, vol. 16, n°6, 1944, pp. 204-222.

Perrier (Edmond), “[s.t.] ”, Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, vol. 16, n° 3, 1910, pp. 115-117.

A lire aussi l’article augmenté publié sur le Blog Interface/Livres Anciens

http://www.histanestrea-france.org/SITE/Grehant-N.html

http://www.splf.org/s/IMG/pdf/physioPicard.pdf

http://www.editions-harmattan.fr/auteurs/article_pop.asp?no=8244&no_artiste=11500

http://www.idref.fr/093555180